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Anti-G7 ou anti – bon sens?

La journée ensoleillée du 14 juin 2026 s’est révélée riche en événements. À 15h15, une manifestation baptisée “No G7” a commencé à Genève pour protester contre le sommet du G7 qui se tenait dans la ville française voisine d’Évian. Trente mille personnes sont descendues dans la rue, mais pas à Évian — à Genève qui n’avait rien à voir.

Il ne faut jamais interdire les manifestations: le droit de manifester est garanti par la Constitution suisse. Pourqioi interdire: que chacun puisse s’exprimer sur n’importe quel sujet! Je souscris à chaque lettre de la phrase attribuée à Voltaire: “Je ne suis pas d’accord avec un seul de vos mots, mais je suis prêt à mourir pour votre droit de les dire.”

Je suis allé voir ça à vélo, pour me faire ma propre opinion. Tout était mélangé: féministes; manifestants contre Israël et l’UE; fans de Gaza; opposants aux États-Unis; partisans de l’Iran et du Liban; militants écologistes; communistes; femmes habillées en hommes et hommes habillés en femmes. Une bonne femme marchait seins nus sous un drapeau de la “Palestine”, une autre poussait des hurlements à la limite de la folie. J’ai honnêtement cherché le rapport entre la marche “No G7” et le G7 lui-même, mais je n’ai pas trouvé de rapport.

Les femmes dans le cortège m’ont paru négligées et malheureuses, et les hommes n’étaient pas en reste. Je n’avais aucune envie de leur parler: j’avais déjà essayé un jour, et j’en étais sorti de justesse, à peine vivant.

Pourtant, les questions ne manquaient pas:

▶︎ “Pour quoi vous battez-vous en Europe, alors que les droits de tous et de chacun sont chez nous depuis longtemps garantis et scrupuleusement respectés?”
▶︎ “Indiquez-moi ce qu’il faut changer dans la loi, et je me joindrai immédiatement à votre cortège.”
▶︎ “Si l’Occident vous déplaît à ce point, pourquoi vivez-vous ici?”
▶︎ “À votre avis, combien d’heures survivriez-vous à Gaza en y arrivant dans la tenue et dans l’état où vous êtes maintenant?”
▶︎ “Savez-vous que dans votre Iran islamique tant aimé, vous seriez pendus à une grue de chantier, comme cela se pratique chez eux, pour vos prises actuelles de position, alors que vous ne pouvez vivre comme vous l’entendez que dans un seul endroit: ici, en Occident?”

Parfaitement neutre et objectif dans l’esprit, je n’ai décelé aucune intelligence sur les visages des manifestants. Rares étaient ceux qui auraient pu citer les membres du G7 contre lequel ils étaient descendus dans la rue. Qui d’entre eux serait capable de trouver leur chère “Palestine” sur une carte et d’expliquer clairement de la question qui remonte à Abraham?

Ceux-là, les “Palestiniens”, étaient bruyants, mais inoffensifs. Pourtant, 600 de “Black Blocs” marchaient avec eux: des casseurs et des provocateurs aux visages dissimulés, tous vêtus de noir pour ne pas être identifiés. Leur objectif était de casser. Dans leurs sacs à dos se trouvaient des pierres préparées à l’avance et des pétards avec lesquels ils ont attaqué la police. Ils ont incendié une Tesla (eh, vous êtes “écolos”, non?), tenté de mettre le feu à une benne à ordures (un habitant du quartier l’a héroïquement défendue sous mes yeux) et brisé un tas de vitrines.

La police a riposté avec des gaz lacrymogènes. C’est fort, dis! Les médicaments ont généralement peu d’effet sur moi, mais là, le gaz lacrymogène a produit un effet immédiat: il devient difficile de respirer, les yeux et le nez se mettent à couler, la gorge pique et la tête devient de plomb.

Bravo aux journalistes: la presse était en première ligne, filmant tout en suffoquant sous les gaz! Respectissimo!

Genève s’était préparée à l’avance: les magasins avaient barricadé leurs vitrines avec des planches, tandis que les boutiques de luxe emblématiques et les banques avaient recouvert de bâches les noms de leurs marques, si irritants pour les gauchistes. La ville était morte, comme sous un “hiver nucléaire”: le code de la route ne s’appliquait plus, et dans les rues on ne voyait plus que la police et des piétons marchant sur la chaussée dans tous les sens.

Le soutien européen apporté à Genève fut impressionnant! Comme la police genevoise n’aurait pas pu faire face seule à une manifestation d’une telle ampleur, des policiers et des militaires venus de nombreux cantons suisses et des pays voisins sont venus à Genève pour protéger la ville de ces 600 casseurs. À gauche, un gendarme français; à droite, des blindés allemands: nous ne sommes pas seuls face à la barbarie!

Le plus agréable, finalement, a été le contact humain: j’ai parlé avec une bonne vingtaine de personnes: des observateurs et des policiers. Les policiers furent carrément des anges: courtois, ouverts, sociables. Ils ne parlaient pas tous français: on regarde l’écusson et l’on parle allemand avec le policier bâlois, italien avec celui du Tessin: “Danke!”, “Grazie!”, “Merci!”

J’ai attentivement étudié l’argumentation de la gauche en lisant leurs pancartes, mais derrière leurs hurlements, je n’ai trouvé aucun argument valable. Aucune relation de cause à effet ne se laissait entrevoir. Mon impression: des gens malheureux et insatisfaits étaient sortis pour aller hurler et saccager une ville paisible. Telle est la conclusion que j’ai tirée sur place, au cœur des événements.

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